Entretien avec Ejan Mackaay

 
 

Pourquoi avoir participé au Prix Vogel 2013 ?

Au milieu du siècle dernier, la culture française avait pour moi une image de haut lieu. Je les retrouve aujourd'hui dans le libellé même du Prix Vogel : originalité et ouverture, quête de l'excellence au niveau mondial, attachement, fierté même, de la culture juridique française. Ces valeurs me semblent refléter ce qu'il y a de plus noble dans la culture française, juridique et autre. Ce sont aussi celles que j'ai cherché à poursuivre tout au long de ma carrière.

Pourquoi une analyse économique du droit ?

Le juriste en charge du service juridique d'une multinationale, comme c'est le cas de la plupart des membres du jury, doit saisir rapidement la nature des problèmes juridiques qui se posent à tous les coins du globe où l'entreprise fait affaire. Il ne peut connaître les détails du contexte juridique ambiant – l'expert local lui mettra au parfum selon les besoins. Mais il doit comprendre la nature du problème et des solutions envisageables, pour en retenir la meilleure. Pour cela, il a besoin d'un langage fonctionnel dans lequel capter cette réalité. L'analyse économique du droit fournit ce langage fonctionnel.

Quelle influence l'analyse du droit exerce-t-elle en droit civil ?

Ce juriste doit également créer pour l'entreprise des montages contractuels complexes qui créent des conditions gagnant-gagnant pour les contractants. Car le meilleur contrat n'est pas forcément celui qui protège à tout prix le client – le cocontractant en voudra autant et l'entente pourrait être difficile, voir impossible. Le meilleur contrat formalise une solution gagnant-gagnant et pour la trouver il faut bien comprendre et harmoniser les intérêts de toutes les parties contractantes. De nouveau, l'analyse économique du droit fournit les outils intellectuels pour saisir ces intérêts.